LA CULPABILITÉ DU CHANGEMENT


Quand on décide de dire stop à ce qui nous empêche d'avancer, même si c'est pour son propre bien, la culpabilité est quasi non négociable. 

J'ai très longtemps culpabilisé de ne pas être comme on voulait que je sois, que ce soit ma famille ou mes "amis" (je vous invite à lire mon article sur l'amitié pour comprendre que ce ne sont pas de vrais amis) et je crois que certains jours, il m'arrive encore de culpabiliser un peu. On se dit qu'il y a quelque chose qui cloche chez nous, que la vie serait beaucoup plus facile pour nous et nos proches si on faisait ce qui est attendu sans se poser de question (pas par tout le monde évidemment, l'avis de ma mère compte, mais si Michel le voisin d'en face me dit qu'il a toujours rêvé de me voir devenir clown professionnel, vous comprendrez bien que ça me passe au dessus). 
Heureusement, ça ne marche pas toujours. Oui, heureusement, on est tous quasiment nés avec cet objet merveilleux et (quasi) automatiquement intégré qu'est le cerveau, et pour peu qu'on en fasse judicieusement usage, notre cerveau peut se révéler être une arme redoutable contre la mauvaise culpabilité. Écoutez votre cerveau, de temps en temps; ça vaut le coup. 

Aujourd'hui ça me semble très simple de faire ma vie sans me poser de questions, sans me demander si ça va plaire ou non, comme si j'avais pu prendre cette décision en un claquement de doigts, mais croyez-moi les gars, ce fut TOUT SAUF SIMPLE. 
Et ma meilleure amie, par exemple, pourra vous en témoigner, lorsqu'un jour de ramadan j'ai décidé de boire un diabolo fraise avec elle, et que 10min plus tard je faisais une crise de larmes sur le trottoir en lui clamant à quel point ce que je faisais était horrible et que mes ancêtres auraient eu terriblement honte de moi. Je crois qu'elle aurait voulu me filmer ce jour-là pour qu'on puisse en rire plus tard.

C'était juste dingue, parce que j'avais tellement peur de ce que penserait ma famille. Donc en fait, même pas d'une quelconque punition divine comme on pourrait le croire, juste peur que ça se sache, peur du jugement, peur qu'on ne comprenne pas. C'est quand même assez impressionnant de voir ce que les traditions peuvent avoir comme poids sur la conscience des gens; et on ne s'en rend pas compte. 

Bref, là ce fut le début de tout ce bordel qu'est devenue ma vie après cette décision, mais tout ça pour vous dire qu'une fois commencée, la remise en question est de moins en moins douloureuse. En fait c'est comme pour tout : une fois qu'on est sûr de soi, il faut se lancer, il faut se concentrer sur les résultats attendus, sur la paix qu'on cherche à atteindre. Ne surtout pas se focaliser sur tous les prétendus obstacles qu'on pense devoir surmonter pour y arriver, sinon vous ne ferez jamais rien. 

Bien sûr, tout le monde n'est pas obligé d'en arriver à la conclusion radicale qu'a été la mienne; le plus important c'est de toujours se demander pourquoi on fait toutes ces choses que l'on fait et savoir dire stop à ce qui n'apporte rien de positif dans nos vies, ce qui n'a pas ou plus de sens, ou ce qui nous emprisonne. That's it. C'est tout ce que j'vous demande. Une fois que vous êtes en accord avec vous-mêmes, que vous savez jusqu'au fond de votre tripaille que c'est la bonne décision, faites votre possible pour dépasser cette culpabilité qui viendra essayer de vous retourner le cerveau. Vous êtes seul maître de votre vie et de votre bonheur, quoi qu'en pensent les autres. Ne laissez pas ce privilège à quelqu'un d'autre; on a qu'une vie, ce serait dommage de la gaspiller à être quelqu'un d'autre que soi-même, nan ? 

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