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LE BESOIN DE RECONNAISSANCE




Avant d’entrer dans le semi - monde du travail (un stage c’est pas vraiment pareil on est d’accord), je ne m’étais jamais rendue compte à quel point le besoin de reconnaissance pouvait être important. Quand on exécute une tâche, qu’on est fier de soi, et qu’on s’attend à ce que les autres le soient aussi, c’est toujours très compliqué de se rendre compte que non, personne ne nous filera de médaille pour ça.

A vrai dire j’ai toujours pensé que c’était pas si grave, qu’au contraire, les gens les plus doués produisaient tout le temps un travail de qualité et que moins on nous en remerciait, plus c’était considéré comme normal, donc c’était bon signe (pour ceux qui ont vu Le Diable s'habille en Prada, vous voyez de quoi je parle). Mais en étant plongé dans ce monde-là, ce n’est pas la même chose.

Être humain, c’est aussi avoir le besoin d’être reconnu par ses pairs. C’est non seulement sentir qu’on appartient à un groupe mais surtout sentir qu’on y contribue, qu’on y est utile. Et lorsque l'on pense avoir été utile, voire plus efficace que d’habitude, mais que personne ne nous le fait remarquer… C’est pas simple. Au début en tout cas, c’est pas simple.

Je pense que c’est d’autant plus pris à cœur lorsque l'on est jeune et qu’on débute. On n’est pas sûr de soi, on aimerait ne pas se planter, et les rares fois où c’est le cas, merde, sortez les trombones quoi. Si on me donne quelque chose à faire, chose pour laquelle d’ailleurs je suis payée, et que je le fais, vous pourriez au moins m’applaudir. Je ne demande pas la lune.

Blague à part, il faudrait au moins prévenir pour que ce manque de reconnaissance permanent ne nous heurte pas si soudainement. Pour contrer ce phénomène, je pense qu’il ne faut pas oublier que la première personne qui devrait nous applaudir à chaque fois qu’on a fait du bon travail, c’est nous-même. Avec un peu de chance, vous aimez ce que vous faites, donc vous devriez être content de le faire. Si ce n’est pas le cas, commencez à vous poser des questions. Car le manque de reconnaissance pour un travail que vous aimez, ça passe encore, puisque vous avez aimé le faire. Mais faire quelque chose que vous détestez vous frustrera davantage, parce que déjà que ça vous fait chier, si en plus on n’a pas encore érigé de statue en votre honneur près de la machine à café, trop c’est trop.

Cela étant, déjà petit, on avait ce besoin presque maladif de montrer à tout le monde le dessin dégueulasse qu’on venait de faire, mais on était tout content de l’avoir fait alors c’était attendrissant. Aujourd’hui, il serait difficile d’aller pleurer sur le bureau de votre boss en tapant des pieds parce qu’il ne vous a pas dit à quel point vous étiez doué. Grandissez un peu, merde.

En tout cas j'ai appris ma leçon, et ça s'est fait sur plusieurs étapes : au départ, j'en avais rien à faire. Ensuite, j'me suis demandée si quelque chose clochait et si je commençais à devenir une gamine stupide et immature parce que j'étais pas contente qu'on ne me dise pas merci. Au final, j'ai un peu pété mon câble avant de finir par n'en avoir plus rien à faire de nouveau (enfin, quasiment). 

Sachez ce que vous valez et n’arrêtez jamais de vous améliorer, c’est la seule façon de ne pas devenir dingue. Et si jamais vous n’avez pas encore atteint votre objectif, comme dit l’adage : « Fake it until you make it ».


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