DONNER SANS S'OUBLIER

Ça fait maintenant un petit moment que je n'écris plus, faute de temps et par manque de motivation, mais l'important c'est de savoir s'y remettre un jour. Alors me voici. Et pas avec n'importe quel sujet non. Un sujet qui me tient particulièrement à coeur et sur lequel je pensais écrire depuis un petit moment maintenant.

En ce moment, je lis un livre* assez incroyable sur les relations durables en amitié, en amour, et dans la société en général. Ça rassemble les idées de plusieurs thérapeutes, neurologistes, sociologistes et j'en passe, qui nous expliquent en gros les idées fausses et les croyances que chacun d'entre nous peut avoir sur la façon dont les relations humaines fonctionnent. Une fois qu'elles sont énoncées et analysées, ce livre explique (assez bien d'ailleurs) comment y remédier.

Et alors la première chose qui est énoncée dans ce livre a fait pas mal écho à l'intérieur de moi : " Nombreux sont aussi ceux qui croient que plus on donne, et plus on obtient de la reconnaissance. Non seulement il n'en est rien, mais arrive un moment où, au lieu d'être remercié pour sa générosité, on nous bat froid et on nous évite. Certains, pourtant, se donnent de la peine. Ils font preuve de gentillesse et de serviabilité, alors pourquoi ne les aime-t-on pas ? Ou plutôt, on les apprécie, mais en tant qu'amis de seconde catégorie. Ils ne suscitent aucune passion, aucun enthousiasme. On les aime bien, voilà tout ".



" Trop bon, trop con "

Cette première affirmation qui est énoncée dans l'introduction du livre a fait tilt comme jamais. Quel est donc notre problème à rejeter ceux qui ne veulent que le bien, ceux d'entre nous qui ne sont pas (trop) fourbes, ceux qui sont serviables et aimables ? J'ai eu plusieurs fois l'occasion de me poser la question car pendant longtemps j'ai été comme ça. Bon en fait, je le suis encore. Mais dans la tête des gens, quelqu'un qui a l'air trop sympa, c'est quelqu'un qui a quelque chose derrière la tête. Être un parfait connard avec les gens ne fonctionnent pas vraiment non plus si vous voulez mon avis. Disons que... c'est une question d'équilibre, voilà.

En fait, concrètement, aujourd'hui, on n'entend plus jamais le mot " gentil " comme un compliment. J'veux dire, un vrai compliment. Aujourd'hui, être gentil c'est un défaut, c'est une faiblesse, c'est quelque chose qu'on nous déconseille. Et je trouve ça complètement con. Être gentil c'est plutôt ce qui fait de nous des êtres humains. L'entraide, la solidarité, se soucier de l'autre. Mais bon, que veut-on, c'est sûrement moi qui pense de travers.



Plus tu donneras, moins tu recevras

Dans le même registre, c'est une autre idée que souligne le livre : on pense que plus on donne à l'autre, plus on recevra. Plus je donnerai de mon temps, de mon énergie, de mes conseils, de ma serviabilité, et plus je recevrai de reconnaissance, d'admiration, d'amour. QUE DALLE. À trop donner, on s'oublie soi-même. Sachez seulement à qui vous donner et pourquoi vous le faites. Sachez reconnaître ceux qui apprécieront à sa juste valeur votre geste de ceux qui sauront juste en profiter pour mieux vous écraser.

Ce que je conseillerais plutôt, c'est de se donner à soi en priorité. Donnez-vous du temps, faites vous des cadeaux, donnez-vous de l'amour. Parce qu'en fin de compte, ce qui amène les gens à vous faire confiance et à vous estimer, c'est la façon dont vous vous traitez. Plus on donne aux autres, plus on a l'air désespéré, et ça ne donne pas envie.

Mais plus que tout, sachez donner sans attendre quoi que ce soit en retour. Je pense que c'est surtout ça qui vous évitera de devenir dingue avec les réactions des gens et, parfois, leur manie de ne pas montrer de reconnaissance. Si vous souhaitez faire une bonne action, rendre un service ou faire un compliment, faites-le sans jamais rien attendre en retour.





*=« Les relations durables amoureuses, amicales et professionnelles », Gérard Apfeldorfer.

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