UN MOIS UN PORTRAIT - Masih Alinejad


Pour ce nouveau portrait, je vais vous présenter une sacrée nana bien trop méconnue à mon goût. C’est l’histoire de moi, en train de scroller Facebook dans un moment d’ennui comme tout le monde, et puis je tombe sur une vidéo de la page Brut. « Découvrez Masih Alinejad, féministe bla bla bla… (je ne sais plus la fin) ». Vous savez bien, moi je vois écris « féministe » quelque part, j’accours. Une opportunité de plus d’emm*rder les autres, woohoo! 

Donc je regarde la vidéo de cette bonnedame et là, c’est la grosse claque. Alors, je vais essayer de vous en parler du mieux que je peux, parce qu’elle vaut le détour. 


Masih Alinejad, cette badass 



Masih Alinejad est une journaliste et auteur américaine, d’origine iranienne. Elle est trèèès connue des autorités iraniennes, à qui elle a donné du fil à retordre plus d’une fois. Pourquoi ? Parce que Masih est à l’origine du mouvement anti-hijab ayant surgi au début de l’année 2018 en Iran. C’est une activiste majeure qui oeuvre quotidiennement pour la liberté des femmes, et particulièrement celles de son pays d’origine. 

Exilée aux Etats-Unis, elle mène son mouvement depuis New-York, et a même sorti un livre* dernièrement. Mais ce n’est pas sans danger que la jeune iranienne brave tous les interdits. Elle aurait apparemment connu la prison plus d’une fois, et ce depuis ses 19 ans, où elle distribuait déjà des tracts anti-gouvernement. Cela étant, on peut dire que c’est clairement le prix de la liberté pour cette femme aux souvenirs d’enfance révélateurs. D’ailleurs, si elle devient journaliste, c’est parce qu’en sortant de prison, elle se rend compte que les « petites gens » enfermés injustement en prison n’intéressent pas les médias. Une grande justicière en devenir, donc.


Perso je la vois comme ça, Masih.

J’ai ressenti une injustice très tôt, explique Masih Alinejad. A 8 ans, je devais rester à l’intérieur de la maison alors que mon frère Ali, âgé de seulement deux ans de plus que moi, avait le droit de sortir s’amuser.” Ali pouvait courir, faire du vélo, plonger dans la rivière de leur village situé dans le Nord de l’Iran. Autant d’activités qui lui étaient interdites, pendant qu'elle devait se cantonner à jouer à la poupée et à aider sa mère en cuisine. “Je suis issue d’une famille très traditionnelle. En Iran, la place des femmes est en cuisine. Ma mère y a passé sa vie, elle y a vieilli. Je déteste cette pièce. Aujourd’hui, je ne cuisine jamais” (je ne saurais expliquer à quel point cette dernière phrase me correspond #sorrynotsorry).**


Masih Alinejad, cette inspiration 

Je pense que les raisons pour lesquelles j’ai choisi de vous parler de cette super nana sont plus qu’évidentes :
  • Chevelure d’enfer (détail non négligeable)
  • Féministe
  • Parcours plus ou moins similaire (même si clairement, la vie en Iran n’est pas la même qu’ici, même en grandissant dans une famille musulmane… j’aurais pu aller en prison pour ce blog par exemple
  • Des cheveux vraiment ouf (ce serait dommage de les cacher)
  • Une femme qui n’a pas peur d’être elle-même 

Je pense qu’en découvrant Masih Alinejad, je peux clairement annoncer qu’elle fait officiellement partie du top 5 de mes modèles féminins. 

Je finirai par une petite anecdote devant laquelle je ne savais pas si je devais rire ou pleurer : Masih Alinejad s’est faite éjectée de son propre mariage. Pourquoi ? Parce que son cher et tendre mari lui a demandé s’il pouvait épouser une seconde femme, qui se trouvait être purement et simplement la meilleure amie de Masih. Vous pensez que les hommes occidentaux ont du culot ? LOL. Masih a donc refusé (no shit), ce qui lui a valu un divorce illico presto. 

Désormais, Masih Alinejad est devenue persona non grata en Iran (en même temps on se doute que ce n'est pas plus mal pour elle), mais qu’à cela ne tienne, elle est encore plus influente depuis l’autre bout du monde grâce à la magie des réseaux sociaux. « “Grâce aux réseaux sociaux, sur lesquels je suis suivie par plus de 2 millions de personnes, je suis aujourd'hui davantage en Iran que lorsque j’étais physiquement là-bas”. Comme quoi, on ne sait jamais à quel point la roue peut tourner. 

Je vous laisse donc avec cette photo qui a fait décoller la notoriété de la jeune femme ; une photo banale et anodine pour certaines, un symbole de liberté extrême pour d’autres (dont moi-même).


Finalement elle ressemble VRAIMENT au GIF de Superwoman un peu plus haut non ?

* = “The Wind in My Hair: My Fight for Freedom in Modern Iran (Le vent dans mes cheveux : mon combat pour la liberté dans l’Iran moderne)
 **  = Extrait tiré de l’interview TV5 Monde, 22 mai 2018

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